MOOC L’Art et la création numérique  – Introduction

MOOC L’Art et la création numérique – Introduction


L’Art numérique est utilisé
comme dénominateur commun à un ensemble de pratiques artistiques
liées aux sciences et aux technologies. Il recouvre de manière protéiforme
les champs de la création, qu’ils soient visuels, sonores,
électroniques, virtuels, immersifs, interactifs, ou encore en réseau. Sa diffusion s’étend du spectacle vivant
au musée, et de l’espace public à l’internet. On peut ainsi le qualifier d’art perceptuel,
puisque celui-ci sollicite nos cinq sens. Il apparaît dans sa forme initiale durant
la deuxième moitié du vingtième siècle, avec l’utilisation, chez les artistes, de l’informatique, des télécommunications,
de l’ordinateur, et de l’internet. À cette époque, l’on assiste en même temps
à un décloisonnement progressif entre les champs disciplinaires. On emploie alors
le terme d’arts technologiques, et plus récemment d’art médiatique. Mais, de quoi parle-t-on aujourd’hui quand
nous nous référons à la création numérique ? Je pense que ces chercheurs,
hybridant les Arts et les sciences, ont une disposition à concevoir
et à programmer des œuvres sans limites, sous la puissance exponentielle
de calcul des algorithmes. Vous allez les découvrir
dans ces trois volets. Les œuvres, pour certains,
sont auto-génératives, et privilégient des interactions,
donnant une place à des publics plus acteurs de l’expérience,
que spectateurs contemplatifs. En s’emparant de la technologie
et surtout en la détournant, les artistes numériques montrent
comment celle-ci peut modifier nos perceptions de l’espace,
du temps, et de nous-mêmes, mais également influencer nos rapports
avec une société en pleine transformation. Ainsi, en quelques décennies, nous sommes
passés d’un monde analogique, à un monde binaire fait de 0 et de 1,
autrement dit numérique. Désormais, nous alternons entre un espace
physique et un monde virtuel qui peut être immersif,
augmenté, superposé, ou encore avec une télé-présence
réunissant deux espaces distants, pour n’en faire qu’un. Les artistes numériques expérimentent
également les machines, et en détournent leurs applications. Nous voyons apparaître en scène
des dramaturgies associées à des robots, des chorégraphies combinées à des drones, des interprètes virtuels
dotés d’intelligence artificielle. Des productions donnent naissance
à des esthétiques s’inspirant de la biologie, de la génétique, et même
de la plasticité du vivant comme sujet. D’autres s’intéressent aux mutations
des comportements humains influencés par l’usage des technologies,
présageant notre futur urbain. Les écritures numériques anticipent
ainsi l’évolution liée aux techniques. Pour comprendre cet enjeu, référons-nous
à cette citation de Mac Luhan : “Nous façonnons nos outils, et par la suite,
nos outils nous façonnent”. C’est ainsi que nous assistons aujourd’hui
à une véritable transformation de la société, impactée par les technologies,
et dont l’art numérique s’est emparé. Nous entrons désormais
dans une nouvelle ère de la pensée, de l’esthétique, et de ses techniques, comparables sous d’autres formes,
à celles de la Renaissance, en référence à Léonard de Vinci
et à l’avènement de la perspective. Les artistes visuels ont été
de tous temps inspirés par le désir de créer l’illusion
de la profondeur de champ. Les techniques de l’image
se sont succédées à travers les siècles, en changeant de support, de format,
de matière, de plasticité, et de narration ; je veux dire de la peinture
à la photographie, du cinéma argentique au numérique, et de la stéréoscopie à l’holographie. Les techniques picturales
de la Renaissance sur châssis entoilés laissent désormais place
aux écrans numériques, et les fresques murales
aux projections monumentales. L’outil du peintre
était autrefois celui du pinceau. Il est aujourd’hui l’extension de la machine
qui en prolonge la main. La palette était faite
de pigments de couleurs. Elle est aujourd’hui un nuancier
de pixels colorés aussi étendu que ce que la puissance
de calcul de l’algorithme le permet. Les pixels succèdent ainsi aux pigments, et les écrans aux tableaux, parfois dans
un même sens classique de composition. Maintenant, c’est à vous de jouer.

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